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Mar 23 2016

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Une parole qui éveille à la vraie Vie

parolePour que le désir éveille notre dimension humaine, il faut une parole. Mais une parole qui donne à l’être humain un visage, une voix, un nom. Une parole qui l’enfante à une vie vraiment personnelle, en l’ouvrant à la lumière de l’esprit. Une telle parole est toujours unique. Elle est créatrice d’un toi dans l'atmosphère d’un  nous . Cette parole ne peut être qu’une parole d’amour.

Seule une parole d’amour peut ouvrir le cœur de l’homme à la vie de l’esprit, en lui découvrant des horizons de gratuité et d’universalité. Mais d’où viendra-t-elle ? Qui la lui fera entendre ? Elle peut être dite par l'entourage, par les parents, les éducateurs, les amis... Un geste d’amitié, une marque d’estime, une simple attention, un regard plein d’égard peuvent être porteurs d’une telle parole. Mais ce ne sont jamais là que les échos affaiblis et fugaces d’une Parole qui vient de beaucoup plus loin.

Au début était la Parole

La Parole était au commencement..." Tout fut par elle et sans elle rien ne fut. Ce qui fut en elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes " (Jn l,l/3-4). Le fin fond de la création, ce n’est pas la matière, mais cette Parole primordiale et souveraine. Vie et lumière où se dit l’Amour créateur et divinisant. Elle se fraie un chemin jusqu’à nous à travers tout ce qui existe. C ‘est elle qui conduit l'évolution du monde. C'est elle qui nous appelle à la plénitude de la vie, dans le geste ou le regard qui nous révèle l’amour désintéressé. C’est elle qui déjà nous parle dans le désir de vie qui travaille notre cœur.

L’homme qui entend cette Parole dans sa vie voit son cœur s’ouvrir à une nouvelle profondeur d’existence. Quant à celui qui ne l’a jamais entendue d’une manière ou d’une autre, il lui est bien difficile de nommer Dieu. Et c’est là le drame de notre histoire. Laissé à lui-même, l’homme se voit livré à la violence sauvage de son désir, à son moi possessif et agressif. Le pèlerin de la vie n’est plus alors qu’un errant de la nuit. Jean a décrit, en une phrase lapidaire, le destin tragique de l’homme qui n’entend plus ou ne veut plus entendre la Parole, et qui mord désespérément dans la vie : " Aussitôt la bouchée prise, il sortit ; il faisait nuit " (Jn 13,30).

Qui donc fera entendre dans notre nuit la Parole qui sauve . Le ciel étoilé peut briller de tout son éclat; il demeure silencieux, lointain et froid.

Mais voici la Bonne Nouvelle que Jean veut nous communiquer : la Parole qui est au commencement et qui est notre commencement s’est faite toute proche ; elle est entrée dans notre histoire. " La Parole s’est faite chair sa lumière a brillé dans nos ténèbres. En venant dans le monde, elle était la véritable lumière qui illumine tout homme." Cette phrase du prologue éclate comme un cri de joie. En elle s’exprime un grand bonheur, la joie de la lumière. L’homme qui reconnaît en Jésus la Parole créatrice et qui l'accueille comme tel voit soudain s‘ouvrir devant lui des plages de lumière. ll apprend ce que c’est que d’être homme : une splendeur! Cette vie pour laquelle il est fait et vers laquelle tendent obscurément toutes ses forces vives, voici qu'elle se révèle et s’offre à lui.

Et le Verbe s'est fait chair

Or cela est arrivé. Non par un effet de la Loi, mais dans un avènement de pure grâce. " Car la Loi fut donnée par Moïse ; la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ ". En Jésus, la Parole qui était cachée en Dieu a pris chair de notre chair ; elle s’est faite homme, gracieusement et pleinement. Elle s’est exprimée dans notre langage d’homme, le langage du désir. Elle a  évoqué la vie divine avec nos mots de tous les jours, qui sont aussi ceux des poètes. Ceux du désir. Et la vie inaccessible, invisible, de Dieu est devenue pour nous " eau de source ", " pain de vie ", " lumière du jour ", " voix du vent ".

Et ce n’est pas seulement avec des mots que la Parole s’est exprimée, mais aussi par des actes. Car elle était vie et communication de vie. Elle s’est répandue comme un vin généreux. un jour de noce. Elle s’est offerte elle- même. Jamais elle ne fut autant " chair " de notre chair que le jour où elle se livra à ceux qui voulaient l'étouffer.
Jamais non plus elle ne fut autant divine. Car, à travers la chair livrée et le sang versé du Fils de l’homme, la gloire de Dieu s’est manifestée dans tout son éclat, laissant voir la splendeur d’une vie qui est entièrement amour. Ainsi " elle a brillé dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée ". Et dans cette lumière est apparu l’homme vivant, l’homme accompli, rayonnant de la plénitude de la vie. La vie éternelle s’est révélée.

D'après Le Maître des désirs : Eloi Leclerc

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